Le Green Resort, camping écologique installé à Ondres, a renouvelé son Écolabel Européen, et on est plutôt fiers d’avoir mené le dossier qui a permis d’y arriver. Qu’un établissement de ce niveau confie un travail aussi technique à une structure aussi jeune que la nôtre reste une jolie marque de confiance, et voir la certification reconduite au bout du chemin donne à cette mission une saveur particulière. Un label environnemental, on a tendance à croire que le plus dur consiste à l’obtenir, alors que la vraie difficulté arrive ensuite : il faut le défendre à chaque échéance, preuves à l’appui. C’est ce rendez-vous qu’on a préparé avec Patrick Dauga et son équipe.
L’Écolabel Européen est la seule certification environnementale officielle de l’Union européenne applicable à l’hébergement touristique, et c’est ce qui la distingue des nombreuses chartes qui circulent dans le secteur : elle repose sur une décision de la Commission européenne, elle est délivrée en France par AFNOR Certification sur la base du référentiel EC 543, et elle est vérifiée par un auditeur tiers indépendant. Personne ne se l’attribue tout seul. Pour un camping, cela veut dire satisfaire vingt-deux critères obligatoires, sans exception possible, puis aller chercher au moins vingt points parmi une quarantaine de critères optionnels, ce seuil montant encore de trois points par service supplémentaire proposé sur le site, qu’il s’agisse d’une restauration, d’espaces verts ou d’activités.
Derrière ces intitulés se cachent des exigences très concrètes, qui touchent aux équipements de chauffage et de production d’eau chaude, aux débits de la robinetterie et des douches, au tri des déchets, à la réduction des produits jetables ou encore à la politique environnementale écrite de l’établissement. Et surtout, chaque critère appelle une pièce justificative, une facture, une fiche technique, un relevé ou une photo. C’est toute la différence entre déclarer et prouver, et c’est aussi ce qui rend l’exercice chronophage pour un exploitant en pleine saison.
Notre travail a donc consisté à reprendre le référentiel critère par critère, puis à descendre sur le terrain pour vérifier ce qui était réellement installé. Au Green Resort, cela a voulu dire parcourir les logements un par un, en tenant compte des différentes typologies de mobil-homes qui n’ont ni le même nombre de pièces d’eau ni les mêmes équipements, relever les débits réels, et reconstituer en parallèle la base des consommations d’eau et d’énergie sur deux exercices. On a ensuite remis un dossier complet, avec le formulaire EC 543 renseigné, un classeur de preuves indexé par critère et une série d’outils de suivi que l’établissement pourra faire vivre bien après notre départ. Le point de départ était d’ailleurs favorable, puisque le camping était ressorti de son précédent audit de surveillance avec six points forts et aucune non-conformité : l’enjeu n’était pas de rattraper un retard, mais de sécuriser un acquis.
Cette mission tombait aussi à un moment particulier pour le label. Les critères en vigueur, ceux de la décision européenne de 2017, restent valides jusqu’à la fin de l’année 2027, mais la Commission a lancé leur révision complète et les premiers groupes de travail se sont déjà tenus. Ce qui se dessine mérite l’attention de tous les campings labellisés : une restructuration en sept grandes thématiques, de la gouvernance à la mobilité en passant par l’énergie, l’eau, les déchets, les achats et le volet social, et surtout, pour la première fois, un jeu de critères propre aux campings, distinct de celui des hôtels. Autant dire qu’un dossier construit aujourd’hui gagne à être organisé par thématique plutôt que par numéro de critère, pour absorber la prochaine version sans repartir de zéro. C’est le genre d’anticipation qu’on aime apporter, parce qu’elle ne coûte rien sur le moment et fait gagner un temps considérable ensuite.
Reste la question que tout exploitant finit par poser : qu’est-ce que ça rapporte réellement. Trois choses, à notre sens. Des économies d’abord, parce que les critères portent massivement sur l’eau et l’énergie, c’est-à-dire sur des postes de charges, et qu’un référentiel de ce type fonctionne d’abord comme un audit technique déguisé. Un argument commercial ensuite, particulièrement sur la côte landaise et basque où la clientèle espagnole, allemande et néerlandaise reconnaît immédiatement un label européen sans qu’on ait besoin de le lui expliquer. Une position rare enfin, puisque les hébergements touristiques français titulaires de l’Écolabel se comptent en quelques centaines à l’échelle du pays, et que la rareté fait la valeur du signal.
Pour Carla, Victor et l’équipe qui ont mené cette étude, ce fut enfin une expérience formatrice comme on en trouve peu sur les bancs de l’IUT : une norme européenne à lire dans le détail, un terrain à arpenter, des données à fiabiliser et un livrable relu par un auditeur professionnel. On retrouve là ce qui nous plaît dans ce métier, cette rencontre entre un cadre exigeant et une entreprise bien réelle. C’est aussi un goût pour l’audit qu’on cultive aussi en interne au sein du mouvement, et qu’on avait déjà éprouvé en poursuivant le travail engagé avec Premières Balles.
On remercie le Green Resort pour cette confiance, et si vous préparez vous aussi une première demande ou un renouvellement d’Écolabel Européen, sachez que l’essentiel de la charge tient au temps de terrain et à la méthode, deux choses qui manquent rarement à une équipe d’étudiants bien encadrée.
Un besoin, une équipe, une étude.
Nos références vont de l’association locale à l’entreprise du territoire, avec la même méthode à chaque fois. Terrain, données fiables, livrable exploitable.

